INDIPENDENZA

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EXTRAIT


LA DÉPENDANCE POLITIQUE

L'État français a imposé à la Corse sa loi constitutionnelle et les institutions qui y correspondent.
Un personnel politique d'origine corse s'est formé. La fonction historique qui lui est assignée par l'État est de réaliser l'intégration de la Corse dans la République française. Les hommes du clan, « élus du peuple français », accomplissent leur rôle avec servilité. Ils obéissent à la loi française et l'utilisent habilement pour maintenir notre peuple dans l'aliénation.
Les conséquences néfastes du système des clans encouragé et cautionné par l'État français ne sont plus à démontrer.
Nous insisterons ici sur l'aspect principal.
La croyance est, en effet, largement répandue dans notre peuple selon laquelle c'est à travers les institutions françaises en vigueur dans notre île que l'on pourra créer un rapport de force favorable à une restauration des droits de la nation corse. Or, si l'on comprend aisément l'opportunisme politique et l'intérêt matériel des politiciens clanistes à jouer le jeu des institutions françaises, on comprend difficilement celui des partisans déclarés d'une restauration de la nation corse. C'est là qu'interviennent, selon nous, des aspects idéologiques qui priment sur l'intérêt national corse. Ces aspects idéologiques ne répondent ni à l'identité.ni à la spécificité et moins encore à la culture corse, mais plus simplement à une vision prétendument « humaniste et universelle » qui n'est rien d'autre que la projection sur le monde de l'idéologie dominante française. Cela signifie que l'intégration idéologique à la nation française de larges fractions de notre peuple, y compris des fractions du mouvement national, est en passe d'aboutir. Ce que cette intégration idéologique réussit le mieux, c'est de faire croire qu'il nous est impossible d'être libres et responsables collectivement en tant que peuple. La traduction politique de cette croyance c'est, naturellement, ce qu'on appelle l'autonomisme.
L'autonomisme est caractérisé par la recherche d'un « protectorat » et la revendication permanente d'une reconnaissance identitaire par la nation française elle-même dont tous les appareils, politiques, éducatifs, médiatiques s'appliquent pourtant à nous détruire avec la patience et la constance des grands prédateurs.
Cette dépendance politique vis-à-vis des institutions françaises engendre chez les partisans de l'autonomie un comportement électoraliste et une attitude de revendication que l'on peut qualifier de « national-poujadiste ». L'exemple le plus récent est celui du statut fiscal réclamé à cor à cris et à... coup de bombes
Les autonomistes ne cherchent pas à réaliser une unité stratégique en vue de l'accession du peuple corse à la souveraineté nationale. Ils recherchent des consensus ponctuels pour satisfaire des revendications qui, par nature, concernent de manière indifférenciée la population insulaire, mais pas le peuple corse en tant que tel
Cette double dérive à la fois réformiste et national-poujadiste identifie la plupart des fractions actuelles du mouvement national corse comme des appareils politiques fonctionnant de manière intégrée au dispositif institutionnel et constitutionnel français. D'ailleurs, la revendication majeure de ces fractions se résume à la vieille formule de l'Action Régionaliste Corse : « Reconnaissance juridique du peuple corse par la Constitution française ». Or, chacun sait pertinemment et les fractions autonomistes mieux que quiconque que c'est un objectif impossible. On se souvient de la réflexion de Libert Bou en 1975 : « Même 200 000 autonomistes corses ne feraient pas changer la constitution française. »
Cette revendication de « reconnaissance juridique » fonctionne donc exactement comme un leurre, une sorte de miroir aux alouettes qui permet encore aux « militants » et aux électeurs de croire au « nationalisme » des dirigeants autonomistes. En réalité, ces derniers n'ont qu'un objectif : remplacer les anciens clans par ceux qu'ils ont constitués en contradiction même avec l'idée de la nation. Cette formation en clan des différentes fractions autonomistes avec un fond idéologique et revendicatif à peu de chose près identique est un témoignage supplémentaire de leur volonté d'intégration à la république française.
À cette dépendance politique « intérieure » – y compris et surtout à l'intérieur des têtes – s'ajoute, bien évidemment, la dépendance de la Corse vis-à-vis de l'extérieur, de son environ-nement international immédiat et du reste du monde.
Le peuple corse n'existe pas pour la République française.
Il n'existe pas non plus pour les autres pays.
Il n'a pas voix au chapitre dans le concert des nations.

COMMANDO FLNC

Couverture premi

EXTRAIT

Tous les assassinats faisaient indifféremment la une de l'unique quotidien local. Corse-matin était assuré chaque fois d'un supplément de tirage et comme cela se produisait une vingtaine de fois par an, le fait divers tragique était en quelque sorte une façon d'assurer l'équilibre de la trésorerie.
La photo de la victime accompagnait, sur cinq colonnes, un titre en lettres capitales exagérément grossies : "Guet-apens à Petracurbara".
Un chapeau d'accroche précédait l'article : "Les tueurs n'ont laissé aucune chance au militant indépendantiste Jean-Martin Filippi."
Paul Monti avait appris la nouvelle assez tard puisqu'il prenait seulement les informations de Corsica Sera à dix-neuf heures. Il avait écouté les commentaires de Jean Allegrini, spécialiste des questions relatives au nationalisme. L'homme en connaissait un rayon pour avoir été longtemps un pourvoyeur d'articles au vitriol dans le journal indépendantiste U Ribombu. Il y dénonçait avec un certain talent le colonialisme français avant qu'un poste ne lui soit offert à France 3 Corse où il coulait depuis des jours heureux, analysant en père tranquille les heurts et malheurs de ses anciens compagnons de lutte. Paul Monti n'avait pas beaucoup de respect pour tous les arrivistes qui échangeaient à bon compte leur engagement patriotique pour une carrière dans la fonction publique de "L'Etat français". Il écouta néanmoins le commentateur qui évoqua plusieurs pistes possibles pour essayer de comprendre ce nouvel assassinat.  Affaire privée et passionnelle ? Reprise d'un affrontements entre nationalistes comme dans les moments les plus sombres du milieu des années quatre-vingt dix ? Rivalité économique puisque la victime s'occupait depuis peu de promotion immobilière ?
Après les commentaires, il y eut les habituelles réaction indignées des groupes et personnalités politiques. 
Jean Mathieu Tagliamonti monta au créneau pour rendre hommage au militant exemplaire de la cause nationale, homme de courage et de conviction qui œuvrait pour le développement  économique de son île avec sa société "Femu in Corsica"
Paul Monti en savait assez. L'avenir devenait prévisible.
Il pensa que dans quelques jours, les troupes résiduelles du FLNC annonceraient dans une conférence de presse grandiloquente leur volonté de ne pas laisser impuni l'assassinat de Jean Martin Filippi.
Il pensa que leur menace serait mise à exécution mais que leur impuissance cibler les têtes, les conduirait à liquider un quelconque sous fifre local  lié à Carlu Verdi et aux Targettes.
Il pensa que le mouvement national toute tendances confondues oublierait rapidement cette affaire pour continuer à œuvrer dans les institutions françaises.
Il pensa que Petru Santu Paoli devait se ronger les sangs dans sa prison continentale et qu'il ferait tout pour y rester le plus longtemps possible parce que ça  lui assurait une réelle protection.
Il pensa que s'en était fini du peuple corse même si personne n'entendait sonner le glas et que les artistes prospéraient sur cette fin de monde.
On mourait en beauté et c'était déjà ça.


L'ULTIMU

Extrait

Chacun est au commencement et à la fin, premier et dernier. Chacun porte en soi, avec soi, les paroles, les rêves et les actes de la communauté humaine où il a pris racine, dont il s’est nourri et qui fait obligation de résister à l’oubli quand vient le terme du temps.

Le dernier (L’Ultimu) fera donc l’inventaire de sa vie en puisant au fleuve des souvenirs, à la source des êtres rencontrés et, sur ce nouveau territoire où l’espace se resserre, il s’appliquera, sans contrainte, guidé par une intuition naturelle, à recomposer dans les mots, les écritures, les actes, les postures ou les mimes, le parcours qui l’a conduit jusque-là. Il comblera les défaillances de sa mémoire ou les difficultés de repérages en cherchant dans les archives papiers de la malle bleue et au besoin dans celles, numériques, de son ordinateur.(...)

Que les choses soient comme elles doivent être et qu’il n’y ait nulle entrave à leur accomplissement.

 

Extrait

On ne sait pas qui décide de ralentir ou d’accélérer le cours du destin, mais de toute évidence, dans les hautes sphères comme au cœur des populations assistées du consumérisme, on supportait de plus en plus mal l’idéalisation mortifère du passé. Que la vie fut réduite à l’instant présent suffisait à enchanter le monde. C’est sans doute la raison pour laquelle l’auteur anonyme des législations, réglementations, décrets et autres arrêtés, décida de supprimer toute trace de mort sur la terre des hommes attendu que l’absence ne saurait être représentée et que les monuments consacrées depuis des millénaires aux trépassés n’empêchaient pas l’oubli. Le papier des archives ou les bases de données modernes sur ordinateur suffiraient dès lors à recenser le peuple des disparus. Les mots franchissent le temps plus facilement que les marbres compacts et les mausolées somptueux. Parce qu’ils sont nommés, les morts ne sont pas tout à fait morts. Ils étaient des personnes, ils deviennent des personnages exactement comme ceux que l’on imagine de ce côté-ci du miroir pour en exorciser l’envers. La vérité romanesque est au mensonge de l’existence, ce que la vie est à la mort : un paradoxe sombre et lumineux.

ECRITURES....ECRITURES DE PIERRES

ENGAGEMENT : DES MOTS ET DES ACTES

BRICOLAGE ARTISTIQUE

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L'identité décline et les rêves sont cousus de cils blancs...

Interdiction de Canta u Populu Corse Barrettali 1984

http://www.dailymotion.com/video/xnb2og_interdiction-de-canta-u-populu-corsu-a-barrettali-1984_news

CORSICA CLANDESTINA France3 Corse 2004

CORSICA CLANDESTINA JPS 2004