A L'orée du bois de la mort

 

Le jour venu,

À l’heure, à l’instant,

Je me retirerai de tout

Y compris de moi-même

Pour n’être plus

Ni moi, ni même

Évidemment.

***

Ayant parcouru la plaine du temps

Un jeune loup trop pressé

Est à l’orée du bois de la mort.

 

Il se retourne un instant encore

Pour contempler ce temps géographique

Que le torrent de sa vie a traversé

Sans laisser de trace.

 

De guerre lasse, il fait un pas,

Le dernier peut-être,

Et découvre,

Sans trop y croire,

Que l’on peut marcher,

Longtemps encore,

À pas de loup,

Dans le bois de la mort.

***