Front de Libération Nationale

Etre un beau jardin tranquille et fermé sur lui- même, avec des hautes murailles contre les tempêtes et la poussière des grandes routes. mais aussi une porte accueillante.

Friedrich Nietzsche

 

Epilogue aussi bref qu’impossible...

I! est midi.

La lumière aiguise l’ombre à l’angle de tous les murs dressés. Elle écaille les fragments de pierres ordonnés par des mains absentes comme autant de signes d’une écriture en quête d’éternité.

De ces hautes solitudes minérales, on découvre la mer immense, cuirassée d’ors et de bleus.

Un homme est debout au seuil de sa porte dans la solitude douce de l’automne et le crépitement soyeux du silence.

 Le pays envahit tout entier son regard.

Cette plénitude soudain le rassure.

L’île est en lui comme il est en elle.

C’est l’île de tous les temps, l’île nomade qui cherche ses horizons, l’île incertaine qui dérive infiniment dans la nostalgie de l’unité.

Il sait qu’un jour, en terre, parce que c’est sa terre, il revivra ses rêves inaccomplis.

C’est ainsi qu’on dialogue avec les morts mais encore faut-il qu’il y ait des vivants car rien n’assure que les morts dialoguent entre eux.

Le soleil à présent cherche sa chute.

A chaque jour son crépuscule.

A chaque jour son aube.

Naître, renaître, natio, nascere, nazione.

                                                                          

                                                                           Barrettali, octobre 1999