Manifeste de Luri, suite. Un texte de Jean-Claude Loueilh. 28 août 2009.

Manifeste de Luri, suite. Un texte de Jean-Claude Loueilh.

 

DANKALI

(Distributeur Apéritif National de Kultur Avantageuse Librement Iconoclaste)

accessoirement nom du désert que traversa Rimbaud pour « gagner » l’Ethiopie

Je salue le courage (la virtu), la persévérance, le goût du collectif de JP Santini qui a su si bien agréger autour de l’évènement de cette journée Libri aperti, qui aussi ainsi relance sa mise dans ce Manifeste de Luri auquel il convient de faire vite suite :

-         en se gardant comme de la peste de l’institution qui me semble toujours coaguler et fétichiser le mouvement d’où elle prend son essor ; l’institutionnalisation, elle, c’est l’énergie volage et vagabonde, qui émeut et transit de ses émotions en se gardant de toute armature et de toute armure (mécanismes de défenses, alors que nous conviennent des machines d’affirmations) ;

-         qui donc doit aborder avec la plus grande prudence ses relations avec la CTC (toujours posée dans sa capacité à fournir un outillage, si prompte à instrumentaliser et dont « l’œuvre culturelle » peut être discutée) : celles-ci ne sauraient donc être à chaque fois que précisément contractuelles (sur l’institution et le contrat étonnez-vous en lisant la Présentation de Sacher-Masoch de Gilles Deleuze, Minuit 1967).

Pas une boutique de plus, mais un corps.

-         le manifeste bruit déjà d’une batterie de propositions : Manifeste, Union des Ecrivains (UEC ?), plateforme virtuelle avec son réseau, projets, résidences, qu’il faut préciser en raison (cad en accord motivé et engageant) ;

. manifeste de la littérature corse :

  Un Manifeste rend vigoureusement public a) un état des lieux, b) une   critique  radicale (qui prend les problèmes à la racine, c) un programme avançant ses moyens (Manifeste du PC, Manifeste du Surréalisme,

 Manifeste situationniste…) ;

Il ne peut d’abord manquer de s’interroger sur sa claudication : la littérature comme tout art créateur touche à l’universel, sa régionalisation risque bien de localiser sa sauvagerie (problème ressassé jusqu’à plus soif depuis Le soleil des indépendances – malicieuse référence à l’œuvre de Kourouma…) ;

qu’est-ce donc alors qu’écrire corse (ou français ou malgache) pour qui lit corse ?

car un écrivain écrit pour être lu, alors qu’on ne peut qu’être atterré par l’analphabétisme universellement galopant ;

il ne peut alors manquer de commander une œuvre  d’écritures, de lectures et de dialogues -collective autant que faire se peut-, qui requiert tout autant une réquisition du travail des écrivains (qui ne prête pas seulement à une reconnaissance, « syndicale ») ;

qui fonde une cité d’écrivains, d’artistes, de lecteurs écartés du tournis de la marchandise et de la barbarie libérale.

 

jcl loueilh

25/08/2009 22:15

Ajouter un commentaire
Code incorrect ! Essayez à nouveau