U MORU n°6 - Mars 1975

Ce numéro 6 de U MORU en date de mars 1975 présentait trois articles dont les thèmes se retrouveront tout au long de l’histoire du mouvement national.

1.        La relation entre autonomie et pouvoir d’Etat. De toute évidence c’est la nature même de l’Etat et plus particulièrement de l’Etat français qui n’a toujours pas été comprise par ceux qui, sous diverses formes, préconisent l’autonomie. L’intégration de la quasi-totalité des organisa-tions du mouvement national au sein même des institutions de l’Etat (CTC notamment) est l’aveu d’une faiblesse idéologique qui ne permet pas de « penser » la Corse autrement que sous le parapluie de la République française ou de l’Europe telle qu’elle est aujourd’hui constituée. La pensée autonomiste est et demeure au mieux une pensée d’assistés, au pire une pensée complice avec les classes dominantes qui instrumentent les institutions françaises ou européennes. (Voir l’article « Autonomie et pouvoir d’Etat ») 

2.        La relation entre mouvement politique et mouvement culturel. Dans l’histoire contemporaine c’est de toute évidence la résurgence de la revendication patriotique corse face aux contradictions économiques engendrées par l’installation des rapatriées d’Afrique du nord en Plaine orientale qui a permis aussi une résurgence du mouvement culturel. Certes, il eut été difficile de transformer en un mouvement politique durable une révolte fondée sur un conflit strictement économique, si la « culture » et les références symboliques et historiques, n’étaient pas présentes, mêmes épuisées sous forme d’identité dormante. Mais ce sont bien les contradictions économiques et politiques qui ont permis un retour en force de la culture corse. Or, le  mouvement culturel en s’intégrant sans complexe aux avancées institutionnelles (Université, médias, etc.) obtenues par la lutte nationale, s’est détaché de la revendication politique. Ce faisant il l’a affaiblie, en participant ainsi, inconsciemment, au rôle dévolu à l’Etat par les classes dominantes : celui de récupérer et de contrôler toute atteinte à l’ordre établi. (Voir l’article « Question nationale et culturalisme »)

3.        La relation entre lutte armée et lutte de masse. Dans la phase de débat idéologique préparatoire à la création du FLNC que nous préconisions et que nous avons initiée, il était capital de faire comprendre aux groupes clandestins de l’époque (FPCL, Ghjustizia Paolina), que la lutte armée devait prendre la forme d’une simple propagande armée en laissant rapidement la place à des organisations de masse publiques, politiques et syndicales. C’est le sens de la lettre ouverte que j’adressais au FPCL dans ce numéro 6 de U Moru. Force est de constater, 34 ans après, que le mouvement national est toujours aussi désarmé idéologiquement et politiquement  pour faire prévaloir au sein de notre peuple des revendications légitimes. L’absence de projet et de vision d’avenir, la réduction à des slogans simplistes  ou à des motions répétitives constituent autant de caractéristiques d’un mouvement balloté par le calendrier électoral français. (Voir « Lettre ouverte au F.P.C.L.)

 

 

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