1982 - Collection CAPI CORSU - Edito de décembre 1982

 

 

 

 

 

 

 

 

L’année 1982 fut particulièrement riche pour la vie associative. L’APEC CAPI CORSU fédérait à ce moment là 6 associations et avaient plus de 300 adhérents auxquels viendra s’ajouter.... fait unique sans doute dans les annales associatives en Corse, l’adhésion de M. Migeon, Préfet de Haute Corse, qui venait d’être nommé par le nouveau gouvernement de gauche !!! C’est dire la crédibilité de notre travail militant et des projets que nous proposions, notamment celui de la « Casa Capicursina.

Mais il est vrai, que ce bouillonnement des idées devait entraîner quelques contradictions et quelques changements généralement positif au sein même de notre association.

On observe notamment une amélioration sensible de la forme et du contenu de Capi Corsu avec la prise en charge de la direction de publication par Dominique Antoni.  Mais ce journaliste de profession devait être nommé à la direction de RCFM et  c’est Antoinette Olivier di Marco qui lui succédait à la direction de publication de Capi Corsu. Elle poursuivra de façon remarquable le travail entrepris par son prédécesseur.

L’édito ci-dessous annonce déjà une certaine évolution que la réalité devait ensuite confirmer. En effet, plusieurs animateurs de l’association devaient s’engager en mars 1983 dans les élections municipales. J’étais de ceux-là, mais échouait à Barrettali. Par contre les plus fervents militants de Luri se retrouvèrent en charge des affaires de la commune avec une équipe conduite par Dume Cervoni. La suite nous apprendra que l’intégration à des institutions, fussent-elles municipales, n’inclinent guère à continuer de militer au niveau associatif.

 

 

 

Fondarticulu    Capi Corsu     N°23 Décembre 1982

 

Vous avez dit « politique »?

Fidèle à sa démarche, respectueuse de ses règles, l’Association pour la Promotion Economique et Culturelle du Cap corse organise le 2 janvier prochain son assemblée générale ordinaire. Une assemblée qui permettra de mesurer le chemin accompli après l’A.G. de Pinu qui, sans marquer un tournant dans la vie de l’association, a cependant ouvert un certain nombre de voies dont la principale est, sans doute, celle d’un dialogue plus net avec les pouvoirs publics. Le bilan, sur ce point, n ‘est pas négatif: la Mission Interministérielle finissante, s’est engagée à aider l’A. P. E. C. dans son projet de Casa capicursina (Voir notre précédent numéro) par une subvention importante. L’A. P. E. C. participe aussi, activement, à la direction du Centre d’accueil en milieu rural qui doit permettre l’installation de volontaires dans les différentes micro régions de l’île. Qu’il s’agisse, enfin, des contacts de l’A. P. E. C. avec l’association régionale des Foyers ruraux ou d’autres vecteurs le renouveau de l’intérieur, ses responsables ne manquent jamais d’en avoir.

Après la mobilisation de l’été/automne 81 dans la lutte anti-incendie, l’association fédératrice du Cap a avancé la grande idée de Casa capicursina comme une idée qui doit rassembler tous ceux qui veulent une région plus vivante, culturellement et économiquement parlant. Le projet va faire son chemin et se concrétisera pour peu que la volonté des Cap corsins l’exige. Mais il est curieux de voir que tout projet neuf et audacieux peut provoquer aussi la coalition de tous les conservateurs dans une union sacrée aussi vaine que négative. Des conservateurs, il y en a de plusieurs sortes: ceux qui ont peur du changement, des changements, comme une «atteinte à l’ordre naturel des choses»; ceux qui craignent la nouveauté d’un projet et son impact dès lors qu’ils n’en sont ni les auteurs ni les éventuels bénéficiaires ; ceux qui subordonnent, enfin, dans l’engagement associatif à la certitude que celui-ci leur profitera politiquement.

Mais c’est bien le propre des associations que d’être des carrefours encore possibles où se rencontrent plusieurs sensibilités différentes et où, mettant sous le boisseau les divergences, il reste acquis que l’action est ouverte en direction d’objectifs concrets, limités mais parfois décisifs. C’est, d’ailleurs, tout l’intérêt de l’enjeu associatif de ne pas se couler dans les mêmes moules du politique. Les deux dimensions ne sont cependant ni antagonistes ni contradictoires. Elles sont différentes. Un point c’est tout.

Cela mériterait d’être d’autant plus souligné que les élections municipales approchent. Elles arrivent finalement très vite, juste derrière les régionales. Et chacun sait qu’une élection en cache toujours une autre. Cela est encore plus vrai chez nous qui lisons systématiquement les résultats d’une consultation à travers le prisme communal. C’est vrai, aussi, que les élections municipales peuvent être décisives, à la fois pour l’avenir des communes du Cap mais aussi pour notre micro région toute entière. C’est pourquoi Capi Corsu donnera autant qu’il le faudra la parole à ceux qui s’engagent dans cette élection et qui auront quelque chose à dire.

Certains militants de l’A. P. E. C. vont se présenter aux municipales. Qu’à cela ne tienne ! Mais il est clair qu’à aucun moment ils ne pourront se prévaloir de leur engagement associatif comme d’un argument dans leur combat politique. Ils le savent : ce sont deux choses différentes. Et si les idées avancées par l’A. P. E. C. «passent» dans les programmes municipaux cela ne voudra dire qu’une chose: elles méritent d’être traduites dans les faits, de se concrétiser après avoir, lentement, fécondé un environnement social assoupi.

C’est la preuve, enfin, que l’association/carrefour est un de ces lieux d’imagination où l’on a réfléchi, sans doute plus qu’ailleurs, au devenir de la Corse rurale. Et cela aussi fait partie des acquis du monde associatif. Et de sa richesse.

CAPI CORSU

 

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