1981 : Collection CAPI CORSU

 

 

 

 

 

 

 

Avec le collectif de rédaction de Capi Corsu, j’ai participé à l’écriture de ce texte qui témoigne des espoirs que nous mettions après l’accession de François Mitterrand à la présidence de la république.  De fait, l’APEC CAPI CORSU devait bénéficier par la suite d’une subvention 140 000 F de la part de la Mission interministérielle pour financer le projet de Casa Capicursina. Je reviendrai sur les difficultés de tous ordres rencontrées pour sa  réalisation effective. 

En 1981, nous avons publié 5 numéros de CAPI CORSU dont un double (N°13/14) ce qui témoignait à la fois de notre volonté de poursuivre notre action après les tentatives de blocage de la municipalité de Barrettali qui succéda à Jean Cristini et de l’ère nouvelle qui se présentait avec l’accession de forces de gauche au pouvoir d’Etat.

 

 

Editorial

L’embellie... sous conditions

Survenant après une longue période de blocages, de contraintes, voire de répression en Corse même, le changement né de l’élection du nouveau Président de la République et d’une autre majorité parlementaire paraît, à priori, porteur d’espoir pour notre lie.

Ressenti de la sorte par bon nombre de nos compatriotes, le risque, cependant est grand de demeurer au stade du fameux « état de grâce » et de s’installer dans l’euphorie, une sorte d’attente passive de la félicité qui viendrait, une fois encore, d’en haut.

Cette attitude ne relève-t-elle pas, une fois de plus, du vieux réflexe d’assisté qui approuve par habitude et absence de sens critique, les mesures arrêtées par Paris ?

Le croyant laïc célèbre à sa façon les vertus et l’autorité « immanentes » du pouvoir central.

En fait, incontestablement aujourd’hui « l’ouverture» existe. Reste à savoir ce que l’on va en faire. Et à qui elle va profiter.

A bien y regarder, sur la scène politique insulaire, le scrutin de juin n’a guère apporté de changement véritable : les noms, les hommes, les idées qui ont prévalu restent les mêmes malgré quelques « ajustements » de circonstance que le souffle du vrai changement a imposés jusqu’ici.

Les mêmes sont là pour recommencer ? On peut alors s’interroger : que pourront les réformes institutionnelles les plus audacieuses si  les méthodes et les finalités qui dominent aujourd’hui la vie politique Corse ne sont pas radicalement changées ? Il est vrai qu’il appartient au peuple et non à l’Etat de sanctionner une fois pour toutes des pratiques mais aussi des hommes qui paraissent à certains usés jusqu’à la corde.

Pour ceux qui raisonnent ainsi, cela est d’autant plus nécessaire et d’autant plus urgent que la relève est prête.

Il y a partout en Corse des hommes nouveaux porteurs d’idées nouvelles. Ils ont déjà amorcé une transformation réelle dans la façon d’aborder les problèmes politiques, économiques et sociaux de notre île; ils veulent pour la fonction d’élu une autre signification qui porte d’abord le sens de l’intérêt collectif et non plus la satisfaction d’intérêts de clientèles.

Partout et plus spécialement chez nous dans le Cap — ce journal en apporte la preuve — des forces de renouveau se manifestent, des groupes de réflexion se forment, des Associations naissent. A l’apprentissage de la démocratie s’ajoutent l’étude sérieuse, lucide, désintéressée des problèmes posés par le développement de notre région et le désir d’apparaître comme une force de propositions.

Chaque Cap Corsin est concerné par cette entreprise, l’heure n’est pas de s’abandonner à un pessimisme outrancier ou à un optimisme béat, le moment est sans doute venu comme jamais de s’engager pour faire entendre sa voix, pour être partie prenante d’une démarche constructive, pour être enfin, acteur de l’histoire, la nôtre.

Et celle—ci, à ces conditions là, peut s’ouvrir sur un commencement.

CAPI CORSU

 

 

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