1980 : Collection Capi Corsu - Décés de Jean Cristini et conséquences.

 

 

 

 

 

 

 

Editorial

Par delà la mort:

un exemple et une raison d’espérer.

 

JEAN CRISTINI N’EST PLUS. NOUS L’AVONS ACCOMPAGNÉ À SA DERNIÈRE DEMEURE DANS LE PETIT CIMETIÈRE DE SON VILLAGE OÙ IL REPOSERA DÉSORMAIS PARMI LES SIENS, FACE À CETTE MER DONT IL DISAIT QU’ELLE ÉTAIT LE COMPLÉMENT DU CAP.

IL Y AVAIT LÀ, DANS LA NOMBREUSE AFFLUENCE, LES REPRÉSENTANTS DE L’AD-MINISTRATION, DES CONSEILLERS GÉNÉ RAUX, DES MAIRES VENUS APPORTER UN DERNIER TÉMOIGNAGE DE RESPECT À LEUR COLLÈGUE, MAIRE DE BARRETTALI.

DES DISCOURS ONT ÉTÉ PRONONCÉS EXALTANT SON ACTION MUNICIPALE. CE QUI N’A PAS ÉTÉ DIT C’EST QU’IL AVAIT CHOISI D’ENTRER DANS LA POLITIQUE NON PAR GOÛT DES LUTTES ÉLECTORALES OU POUR UNE QUELCONQUE IDÉOLOGIE MAIS PARCE QU’IL Y VOYAIT UN FACTEUR D’EFFICACITÉ ACCRUE DANS SON COMBAT POUR LA RÉSURRECTION DE SA COMMUNE. LA POLITIQUE ÉTAIT POUR LUI UN MOYEN D’ACTION TRANSCENDÉ PAR LA VOLONTÉ FAROUCHE DE RÉANIMER SON PAYS NATAL.

IL Y AVAIT LÀ, AUSSI, SUR LE PETIT CHEMIN QUI MÈNE À L’ÉGLISE, DES JEUNES GENS ET DES JEUNES FILLE QUI L’ATTENDAIENT AU TERME DE SON DERNIER RETOUR PAR LES ROUTES DU CAP. ILS ATTENDAIENT, SILENCIEUX ET DISCRETS, POUR UNE DERNIÈRE MARQUE D’ESTIME ET D’AFFECTION À L’UN DES LEURS QUAND LE CORTÈGE FUNÈBRE ARRIVA, ILS PRIRENT LE CERCUEIL ET LES FLEURS COMME SI CET ENFANT DU CAP NE POUVAIT ÊTRE MIS EN TERRE QUE PAR LES SIENS.

CERTES C’ÉTAIT ENCORE LE MAIRE DE BARRETTALI QUI ÉTAIT AINSI PORTÉ À BRAS PAR CES JEUNES, MAIS SURTOUT LE FONDATEUR DE L’APEC, L’ANIMATEUR INLASSABLE ET ENTHOUSIASTE, LE SOUTIEN ET L’AMI, L’HOMME QUI LEUR AVAIT REDONNÉ L’ESPOIR.

L’ESPOIR, JEAN CRISTINI EN ÉTAIT PÉNÉTRÉ. SA VOLONTÉ ET SON COURAGE ÉTAIENT REMARQUABLES, SON INTELLIGENCE ET SA BONTÉ RAYONNANTES, MAIS SON ESPOIR ÉTAIT IMMENSE ET S’ÉLEVAIT À LA HAUTEUR D’UNE FOI.

Si, PRESSÉ PAR LE TEMPS QU’IL SAVAIT MESURÉ, IL N’A PU ALLER JUSQU’AU BOUT DE L’OEUVRE ENTREPRISE QUELQUE CHOSE A CHANGÉ À BARRETTALI ET DANS LE CAP. CELA N’EST PAS DIRECTEMENT PERCEPTIBLE ET NE SE MESURE PAS EN TONNES DE PIERRES OU DE BÉTON, NI EN KILOMÈTRES DE GOUDRON : C’EST PLUS SUBTIL ET PLUS PROFOND ; C’EST LA CONSCIENCE D’EXISTER QUI S’EST REVEILLÉE ET SE DEVELOPPE.

CES JEUNES SILENCIEUX QUI PORTAIENT  LE CERCUEIL DE JEAN CRISTINI SUR LEURS ÉPAULES, MIEUX QU’AVEC MOTS NOUS DISAIENT QUE SI LA FATALITE NOUS PRIVAIT D’UN HOMME ET D’UN AMI, SON EXEMPLE ET SON ESPOIR DEMEURAIENT, EN LES VOYANT, LA PHRASE QU’IL M’ÉCRIVAIT PEU DE TEMPS AVANT QU’IL NOUS QUITTE M’EST REVENUE À L’ESPRIT : « JE CROIS OUE NOUS AVONS ATTEINT UN POINT DE NON RETOUR. »

                                                                                     ACHILLE MONTI

                                                                                        Août 1980

 

 

CONSEQUENCES

 

Jean Cristini est décédé en juin 1980. A la demande d’une partie de la population je me suis présenté aux élections municipales avec mon ami Marcel Spampani. Une incroyable opposition s’est alors manifestée, regroupant des partisans de l’extrême droite lLepeniste jusqu’aux adhérents locaux du Parti Communiste Français.  L’objectif était de me faire barrage et d’empêcher que l’œuvre de Jean Cristini ne fût  poursuivie dans la commune et  sur le Cap. De fait, mon échec électoral devait entraîner une suppression par mes adversaires des moyens matériels mis à la disposition de l’APEC pour fabriquer le journal Capi Corsu (Machine offset, massicot, salle de la confrérie) et... une suppression des subventions obtenues en dehors des finances communales pour mon emploi.  C’est par un effort exceptionnel de souscription (une personne de Barrettali a versée à elle seule 10 000 F. et je tiens ici à l’en remercier de tout coeur) que nous avons réussi à acheter une machine offset pour poursuivre la parution de Capi Corsu qui comptait alors 350 abonnés. L’absence de local nous obligea un certain temps à travailler dans des lieux inadaptés et la qualité de l’impression s’en ressentait comme on pourra en juger en observant les numéros des années 81/82. Pour ma part je parvenais tout juste à financer un emploi modeste en réalisant des travaux offset de toutes sortes : bulletins associatifs notamment pour A Fiaccula di a Castagniccia, le Club Tavagna, ou encore de multiples formulaires administratifs pour les communes qui acceptaient de me confier un peu de travail ou bien encore des affiches pour des  manifestions culturelles et sportives.  Ce ne fut ni facile ni de tout repos et je n’oublie pas comment une partie de mon village natal  a pu se laisser aller à cette forme insidieuse de répression. Sans compter bien sûr, de la part des plus anti-nationalistes, la pratique  honteuse de la délation.

 

 

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