Principes pour une structuration novatrice - Mai 1996

La question de la « refondation » du mouvement national n’est évidemment pas récente. Si elle se pose encore aujourd’hui c’est que les diverses composantes n’ont cessé de renouveler les mêmes erreurs. On ne peut que souhaiter une réussite du projet en cours mais les bases sur lesquelles il s’élabore et les perspectives réelles qu’il se fixe (rivalité avec le courant autonomiste aux prochaines territoriales) sont loin de celles que je proposais dans cet article de 1996.

 

 

PRINCIPES POUR UNE STRUCTURATION NOVATRICE

 

1. L’existence du peuple corse, sa permanence dans l’histoire et sa volonté naturelle de se pérenniser est la seule justification d’un mouvement national.

2. Le mouvement national traduit la volonté politique du peuple corse de s’organiser pour assurer son avenir en tant que peuple.

3. L’organisation de cette lutte doit refléter, en elle-même, l’objectif assigné : la maîtrise par le peuple corse de son propre destin. Cela suppose que c’est au peuple lui-même de définir ses modes d’organisation et de se mettre en mouvement. Toute délégation, tout appel à des “directions politiques” ou à des chefs plus ou moins charismatiques est en contradiction absolue avec l’idée même d’une restauration de la souveraineté nationale (sauf de considérer celle-ci comme étant assumée par une élite ou une fraction sociale dominante ce qui correspond encore à une idéologie partisane). D’où cette conclusion fondamentale : c’est au plus prés du peuple, dans le cadre de collectifs locaux, que doit se décider la politique du mouvement national. Synthèse et coordination sont, bien entendu, nécessaires au niveau national, mais toujours dans le cadre d’un collectif pluraliste et démocratique élu par l’ensemble des patriotes et non dans celui d’un état-major ou d’une coalition de partis

Répondre à la question « Quelle place pour le nationalisme dans la société corse d’aujourd’hui ? » c’est affirmer clairement que le mouvement national corse, expression du peuple corse en lutte pour la maîtrise de son destin, doit occuper l’espace démocratique le plus large possible en s’appuyant sur des collectifs locaux et nationaux. Ce nouveau mode d’organisation fondé sur une démocratie participative et associative permettra:

- de restaurer la confiance du peuple corse dans son destin national en lui donnant les moyens de dire lui-même comment il conçoit ce destin.

- de reléguer les formes organisationnelles archaïques publiques ou clandestines fondées sur le mythe des chefs et des rapports de forces armés.

- de donner, grandeur nature, un exemple de citoyenneté active et de patriotisme tolérant en appelant, par delà le peuple corse, toute la population de l’île à débattre sur sa communauté de destin dans l’environnement naturel, historique et géopolitique de l’Europe et de la méditerranée.

Jean-Pierre Santini

25 mai 1996

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