Les principes fondateurs de la Lutte de Libération nationale - Août 2000

 PRINCIPES FONDATEURS DE LA LUTTE DE LIBERATION NATIONALE

 

1. La Corse est une colonie française.

2. Le colonialisme français est la forme spécifique que prend l’expansion du capitalisme français à un moment de son histoire. A d’autres moments, cela peut se traduire par le néo colonialisme et l’impérialisme,

3. Système absolu d’oppression, le colonialisme exclut l’idée même de sa propre réforme, de sa propre amélioration.

4. Depuis quelques années, le colonialisme français se concrétise par une colonisation de peuplement sans précédent.

5. La colonisation de peuplement a un double objectif: rendre le peuple corse minoritaire sur son propre sol et conditionner ce qu’il reste de ce peuple pour lui faire admettre sa disparition notamment par la négation en droit de sa propre existence (projet Jospin).

6. La colonisation de peuplement est encouragée et soutenue activement par les 43 élus collaborateurs de l’assemblée territoriale et plus généralement par tous les élus du clan.

7. Les élus du clan, des partis et des syndicats français en Corse sont les principaux piliers du colonialisme français.

8. L’idée d’un « consensus national » avec les élus collaborateurs est une imposture destinée à détourner la lutte de libération nationale.

9. Les élus de l’assemblée territoriale sont les élus du peuple français en Corse, du corps électoral français en Corse. Ils ne sont en aucun cas les élus d’un peuple corse qui n’est pas reconnu en droit.

10. L’assemblée territoriale n’est pas la représentation légitime du peuple corse, mais la représentation de la légalité française en Corse.

11. L’idée d’une « démocratisation » du colonialisme est la ruse la plus ordinaire utilisée par les colonialistes.

12. L’idée d’une «démocratisation» du colonialisme se traduit par des améliorations du système d’exploitation coloniale qualifiées « d’avancées institu-tionnelles ». Elle séduit « naturellement » tous ceux qui sont aliénés à l’utopie qui fonde le colonialisme : l’utopie capitaliste.

13. En ajustant son système d’oppression d’exploitation, le colonialisme français crée des contradictions au sein du mouvement national corse dans le but de liquider définitivement la question nationale.

14. Les «avancées institutionnelles» ne posent absolument pas et donc n’entament absolument pas une résolution de la question nationale corse.

15. Les contradictions créées au sein du mouvement national chaque fois que le colonialisme français a réalisé des « avancées institutionnelles » se sont traduites par des drames et ont fait régresser le mouvement national.

16. A chaque « avancée institutionnelle» du colonialisme français correspond un recul de la Nation corse.

17. A chaque « avancée institutionnelle» du colonialisme français, des fractions nationalistes ont été utilisées comme supplétifs idéologiques (dans le discours) et répressifs (dans les actes) contre des patriotes corses, d’où les affrontement sanglants.

18. Les « avancées institutionnelles » soutenues et instrumentées par les élus collaborateurs répondent très exactement aux intérêts des couches sociales les plus favorisées et de l’Etat français.

19. Les «avancées institutionnelles» ne sont pas une réponse à la contradiction principale (contradiction nationale entre la Corse et la France) mais une réponse à des contradictions secondaires (contradictions sociales entre fractions franco- corses des classes dominantes).

20. La notion de «processus de paix» suppose l’instauration définitive de la paix coloniale c’est à dire, pour le peuple corse, de la paix des cimetières.

21. La notion « processus de paix» recouvre habilement les notions de «paix civile» et de «paix sociale» toutes deux exprimant des contradictions internes à une même nation, excluant ainsi la contradiction principale, c’est à dire « nationale» entre le peuple français et le peuple corse.

 

22. La Corse est une Nation.

23. La lutte de libération nationale a pour but la suppression du colonialisme français en Corse et de son fondement : le capitalisme français.

24. Cette suppression permettra la restauration de la Nation Corse dans tous ses droits.

25. La restauration des droits nationaux du peuple corse se concrétise dans l’indépendance politique.

26. L’Indépendance politique est la liberté collective d’un peuple.

27. L’indépendance politique permet l’exercice de la souveraineté nationale.

28. L’Indépendance politique permet le choix de société.

29. Le choix de société suppose la définition des grands principes constitutionnels qui doivent fonder les relations économiques, sociales et culturelles entre les citoyens d’une même nation.

30. L’Indépendance nationale permettra de choisir au sein même de la société corse des relations de coopération égalitaires et fraternelles ou des relations d’exploitation inégalitaires et cyniques sur le modèle colonial actuel et plus généralement sur celui de la «mondialisation» capitaliste.

31. Ce choix interne qui dépendra de la volonté souveraine du peuple pourra, quel qu’il soit, s’adapter à toutes les relations internationales.

32. La Nation corse ne peut procéder que d’elle-même et en aucune façon de la volonté de la nation française colonisatrice.

33. La Nation corse est la fraction consciente de notre peuple qui lutte pour son indépendance.

34. La Nation corse organise une résistance nationale multiforme face au colonialisme français et, se faisant, construit elle-même ses premiers éléments institutionnels. La création du Front de Libération Nationale de la Corse le 5 mai 1976 représentait une première structure étatique.

35. La Nation corse se donne une représentation légitime crédible et permanente par le biais d’une Assemblée Nationale Provisoire élue à partir d’un corps électoral corse volontairement constitué.

36. La volonté de restaurer la Nation corse se mesure à la volonté des diverses organisations qui se réclament du nationalisme et des patriotes inorganisés à mettre en oeuvre une stratégie pour l’élection de l’Assemblée Nationale Provisoire.

37. Cette stratégie est la seule qui puisse assurer une restauration de la Nation corse dans tous ses droits. Toute autre stratégie vise à l’effet inverse, c’est à dire à la liquidation de la Nation corse.

38. La constitution d’un Corps électoral corse et l’élection consécutive d’une Assemblée Nationale Provisoire permettront simultanément d’éviter des affrontements violents entre patriotes corses et d’imposer à l’Etat français et à ses relais locaux la volonté supérieure de la Nation.

 

                                                                                                                                      Jean-Pierre Santini – Août 2000

 

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