L'Assembléer Nationale Provisoire : un choix historique - Mars 1989

 

En mars 1989, le travail idéologique de conviction était poursuivi dans cet article pour montrer l’aspect véritablement révolutionnaire et subversif du concept d’Assemblée Nationale Provisoire.

 

 

L’Assemblée Nationale Provisoire:

un choix historique.

 

A Chjama se refuse à cautionner ces appareils d’Etat les plus insidieux que sont les institutions communales. C’est dans les communes que le clan puise ses forces principales. C’est dans les communes que l’impérialisme français inocule le mieux le venin mortel de son idéologie d’aliénation.

A Chjama est, aujourd’hui, la seule organisation qui propose une stratégie de rupture réelle. A Chjama appelle tous les patriotes à s’engager dans la construction effective de la Nation Corse à travers le processus de constitution d’une Assemblée Nationale Provisoire (A. N. P.).

L’A.N.P. est avant tout un instrument original de caractère démocratique, populaire et non partisan. Seul cet instrument permettra de concevoir, de délibérer, de décider et d’exécuter une stratégie de prise de pouvoir par et pour le peuple corse. Refuser cet instrument, c’est mettre en avant des volontés partisanes, c’est placer les factions au-dessus du peuple, c’est entretenir l’illusion, la division et la confusion, toutes filles de l’impuissance politiques.

Il ne faut pas s’y tromper: I’A.N.P. est dans la lignée des deux autres ruptures idéologiques fondamentales de notre histoire contemporaine : A Chjama di u Castellare en 1973 et la création du FLNC en 1976. Comme pour ces deux précédentes ruptures, certains agitent la critique spécieuse de « l’irréalisme » ou du « romantisme ». Ce sont les mêmes qui ont agité les mêmes critiques notamment contre le FLNC avant d’en reconnaître... la réalité incontournable.

L’A.N.P. est le prolongement stratégique naturel des moments décisifs de notre histoire nationale contemporaine. Aussi, ne perdons pas, une fois encore un temps précieux dans le jeu étroit des rapports de forces internes au mouvement national, Il s’agit là de calculs ambiguës qui nous conduisent sur des sentiers pas très lumineux.

L’A.N.P. est le plus mauvais coup que l’on puisse porter aujourd’hui à l’impérialisme français.

La simple violence qui est une force faible fait exploser la réalité. Elle la rend difforme momentanément mais ne l’empêche pas de se reconstituer. La force vraie, au contraire, rend informe une réalité et la dissout en mettant en oeuvre la formation d’une réalité parallèle et transcendante.

C’est cela le projet d’A.N.P. : une force massive, sereine et déterminée, une autorité morale qui parlera au nom de la Nation Corse, une autorité effective enfin qui affirmera concrètement la souveraineté de notre peuple sur sa propre terre et la fera respecter en coordination avec toutes les forces nationales.

Jean-Pierre Santini

Mars 1989

 

 

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