A Libertà o a morte, programme historique du FLNC - Extraits

 

Pour sauver notre peuple, une seule solution possible : l’Indépendance nationale.

 

Une impasse : l’autonomie

Nos compatriotes autonomistes sollicitent de l’Etat colonialiste français un Statut spécial, ce qu’ils appellent «Autonomie interne». Quelle douceur dans les mots pour parler en fait de néo-colonialisme; en bref, de colonialisme sauce nouvelle!

« Nous pourrions gérer nos affaires tout en restant dans le cadre français. » disent les autonomistes. Mais quelles affaires ? Parlons-en!

La France aurait presque tous les pouvoirs et en tout cas les plus importants:

- Défense et sécurité

- Affaires extérieures

- Statut civil et droit commun

Et ce n’est pas tout !

L’Etat français resterait chargé de la protection des libertés et droits publics individuels ou collectifs reconnus par la constitution française : il resterait chargé de la protection du trésor, de la monnaie, du crédit, des changes, du commerce extérieur, de l’information, de la radio diffusion, de la télévision, de la gendarmerie, de l’enseignement supérieur.

L’Etat français pourrait annuler les décisions des députés locaux ; il pourrait dissoudre cette chambre locale si les intérêts de la France le commandaient.

Tous les actes et jugements administratifs passeraient par l’Etat français avant de pouvoir être exécutés par les autonomistes.

Et les élections? Rien de nouveau non plus!

L’autonomie ne changerait rien de fondamental aux élections.

Les candidats seraient toujours ceux des notables et des clans ; tout ce panier de crabes aurait toujours assez de pouvoir pour faire pression sur la voix de notre peuple. Les mêmes, ce serait toujours les mêmes qui tireraient les ficelles de notre vie politique ! Comment pourrait-il y avoir plus de liberté pour notre peuple...? Ces clans qui nous étranglent bénéficieraient toujours de l’appui des monopoles étrangers et de l’administration française. On sait bien ce que cela veut dire même si on nous joue la «scène » du suffrage universel...

« Il faudrait faire des réformes pour que les Corses de viennent maîtres chez eux » disent encore nos compatriotes autonomistes. Mais que signifie «être maître chez soi » si notre peuple n’est pas absolument libre pour décider de toutes ses affaires?

Prenons un exemple Les autonomistes déclarent qu’il serait juste de reprendre les terres aux colons et de les distribuer aux paysans corses.

Bravo pour la déclaration ! Mais l’application?

Dans une Corse qui serait autonome, chacun, qu’il soit colon pied-noir ou paysans corse reste «citoyen français à part entière ». Devant l’Etat français, avec l’autonomie interne, nos paysans corses n’auraient pas plus de droits que maintenant. Qui peut dire en effet que l’Etat français déciderait en faveur des paysans corses plutôt que des colons? C’est se faire une idée bien gentille à l’égard de cet Etat ! Qui ne l’est pourtant pas comme toute notre histoire le prouve...

Prenons un autre exemple : Supposons que, dans une Corse autonome, le peuple corse et ses représentants décident de changer le régime politique et économique ou, comme on dit, de «changer de société ». Est-ce vraiment raisonnable de penser qu’une Corse autonome «socialiste» puisse être tolérée par un Etat capitaliste?

Toutes les décisions contraires aux intérêts français seront rejetées.

Être réaliste, c’est reconnaître que le fonctionnement de l’autonomie ne peut permettre au peuple corse d’être maître chez lui.

«Autonomie interne» disent certains de nos compatriotes. «Dans le cadre de la République Française », ajoutent-il. Comme si on ne pouvait se passer des «bienfaits» de la «grande mission de civilisation» de la France ! À qui pourrait-on durablement le faire croire alors que notre peuple n’a connu que pillage, massacres et tentatives d’écrasement?

Et d’ailleurs, pourquoi le cadre français? Encore une fois, y aurait-il des acquis positifs dû à la France ? Lesquels?

Pillage de nos richesses, industrialisation inexistante, mort de l’artisanat, chômage permanent, utilisation de notre peuple comme chair à canon, exil, dispersion, répression..; rien que du positif quoi!

Et de plus, où a-t-on déjà vu un pays colonialiste aider un pays dominé à développer sa propre économie?

Les crédits en tous genres, «l’aide extérieure» ou l’investissement de capitaux ont pour seul but de perpétuer le pillage et la misère. Nous le savons bien pour en faire la douloureuse expérience gaspillage, dilapidation des fonds publics, escroqueries de toutes sortes, voilà comment on précipite notre pays dans la ruine

L’autonomie dans le cadre français, c’est aussi laisser croire que des discussions fraternelles ou du moins d’égal à égal, pourraient s’engager entre les colonialistes et notre peuple. C’est au fond nous endormir et nous détourner de la véritable et inévitable lutte, celle de la Libération nationale. C’est nous faire croire que la voiture et son chauffeur avance tout seul alors qu’on les téléguide... Le triste exemple de la Sardaigne est là pour nous le prouver. Le peuple sarde est toujours l’esclave des notables locaux, simples valets de Rome.

Avec l’autonomie interne, c’est le principe sacré du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes qui est bafoué

On veut bien déclarer que le peuple corse est souverain mais on s’en tient à des mots d’ordre qui  limitent et, en fin de compte, renient cette souveraineté.

En quoi y aurait-il libération si nous devions encore rester dans le cadre français?

En quoi y aurait-il libération si les colonialistes français étaient encore présents chez nous?

Notre droit à disposer de nous-mêmes,

La maîtrise de notre propre destin,

Notre libération,

C’est l’Indépendance et rien d’autre!

Défendre l’impasse autonomiste, c’est se moquer de notre peuple, de sa libération;

C’est avoir peur de la voie héroïque qui nous mène à la victoire;

C’est mendier quelques miettes à l’Etat français qui ne changeront rien à notre situation dramatique.

C’est tromper le peuple et défendre les privilèges des valets locaux;

C’est être bien naïf et croire ou laisser croire, que cet Etat plein du sang de notre peuple va aujourd’hui lui accorder sa bienveillance!

Non, l’Etat français n’est pas un bienfaiteur des peuples

C’est un Etat colonialiste assassin!

Les patriotes vietnamiens, algériens, pour ne citer que ceux-là, s’en souviennent dans leur chair.

Mais la naïveté de cette autonomie interne va plus loin...

« Le pouvoir français est devant un choix: maintenir le régime colonial ou y renoncer » disent nos compatriotes autonomistes.

Ainsi l’Etat français pourrait-il se permettre le luxe d’être colonialiste ou pas ! Mais que serait-il ce vieil Etat s’il ne l’était pas ? Comment aurait-il conquis ses richesses, sa force, son sang même si ce n’était sur le dos des peuples y compris le notre ? Le propre des Etat impérialistes n’est-il pas d’être dominateur, exploiteur, colonisateur? Nos autonomistes verraient-il l’histoire à la lumière de leurs rêves? N’est- elle pas là, l’histoire, pour nous prouver que derrière chaque Etat impérialiste se cache obligatoirement une force dominatrice déclarée ou pas, que cette force est la condition de vie de cet Etat ? Non, décidément, l’Etat français ne peut pas choisir ! Et les gouvernements de droite ou de gauche qui gèrent ses intérêts non plus.

L’Etat français n’a pas d’autre solution que d’être dominateur sous peine de se faire lui-même disparaître.

Contraint à cette domination, l’Etat colonisateur multiplie les ruses juridiques selon les moments et les gouvernements : on parle de «Département », de « continuité territoriale », de « région », de «territoire d’autre mer (TOM) », de «département d’autre mer (DOM », « d’autonomie de gestion », etc.

Et que signifie cet appel du pied de nos autonomistes aux régionalistes (PS, PCF, etc.) en leur demandant d’être responsables devant le peuple corse ? C’est là le comble du ridicule. Comme si ces organisations françaises ne servaient pas les intérêts de l’Etat colonialiste français.  Quand on sait que ces organisations n’aident pas non plus les autres peuples sous domination française (Guadeloupe, Réunion, etc.) à se libérer réellement, la preuve est faire du ridicule de la demande autonomiste.

« Il vaut mieux rester dans le cadre du colonialisme français que de risquer de tomber dans les griffes d’autres puissances plus féroces encore » disent aussi nos autonomistes.

Dans le cadre de l’autonomie, l’année française resterait en Corse. Mais pour quoi faire? Armée pour maintenir la « Paix »? Mais quelle Paix ? Ou armée d’occupation ? Qui pourrait dire honnêtement que cette année ne serait pas là pour soumettre notre pays au colonialisme français?

La présence de la Légion étrangère et, tout dernièrement, celle d’un régiment encore plus déterminé à massacrer, n’est sûrement pas là pour protéger notre peuple mais bel et bien pour le contrôler et écraser si besoin est ses révoltes. Comment peut-on penser qu’une armée qui a détruit notre Etat indépendant (celui de Pasquale Paoli), qui a massacré notre peuple et combien d’autres, va jouer aujourd’hui la «mère protectrice»! C’est toujours aussi naïf et dangereux.

De plus, si cette armée protège la Corse des autres colonialismes, ce n’est pas pour les beaux yeux du peuple corse, mais dans le seul intérêt du colonialisme français. Un colonialisme, le Gênois, en nous vendant à la France, nous a déjà montré ce que valaient les dites protections quand les intérêts colonialistes s’affrontent.

Allons-nous dire cependant que personne dans le monde ne convoite notre pays ? Non bien sûr ! Mais faut-il pour cela conclure à la capitulation ? Notre meilleure garantie c’est encore l’indépendance de notre peuple. Les alliances pouvant être passées à tel ou tel moment dépendraient alors de la seule volonté du peuple corse sans le vendre à tel ou tel colonialisme.

Ne nous berçons pas d’illusions pacifistes : sachons nous organiser dans la perspective d’une lutte sans merci, longue et difficile certes mais seule capable d’apporter à notre peuple une libération réelle.

Les mots ne remplacent pas les armes ; le colonialisme français a-t-il l’habitude de se laisser impressionner par la morale et le droit dit international ? Où a-t-on vu un pays colonialiste les respecter s’il n’y était pas forcé ? Et comment les faire respecter sinon par un rapport de force suffisant ? Ce ne sont pas les beaux discours qui nous libéreront ! L’histoire des peuples du monde, notre propre histoire, le démontrent clairement.

À bout d’arguments, certains de nos compatriotes autonomistes mettent tous leurs espoirs dans une «Gauche » au pouvoir.

Quelle blague ! Encore une fois, comment un changement de gouvernement pourrait-il régler la libération de notre peuple ? Comment quand on sait que ces organisations de Gauche ne voient en nous que des Français, un peu différents, c’est tout Quand on sait que pour eux nous ne sommes qu’une « région » dont il faudrait régler « les problèmes régionaux  »...!

Où est-il notre peuple dans tout cela ? Et où donc serait sa libération 7

Suspendre notre sort au bon vouloir des combinaisons politiques françaises, c’est, de fait, démobiliser, tromper et au fond trahir notre peuple.

Nos autonomistes refusent de conduire notre peuple à l’assaut du pouvoir. Ils rêvent d’une démocratie idéale qui serait celle de l’Etat Français même si elle s’égare par moment. On laisse croire, encore une fois, que le colonialisme pourrait être autre chose que ce qu’il est : une force dominatrice, assassin des peuples. Le feu pourrait-il être en même temps de l’eau sinon dans un rêve...?

Nos autonomistes demandent à l’Etat Français rien de moins que d’être un colonialiste honnête Quel mariage absurde

On en arrive parfois à imaginer que si la fraude électorale était éliminée, on pourrait éventuellement participer aux élections... On laisse croire que le suffrage universel pourrait être la libre expression de la volonté populaire... etc. ... C’est encore la même chanson.  Celle d’un colonialisme qui se laisserait déposséder en douceur... Mais où donc, dans l’histoire et dans le monde, cela s’est-il déjà vu ? Jamais et nulle part. Autant de « drogues » qui conduisent le peuple corse à rester esclave et, au bout, à disparaître.

Nos compatriotes autonomistes se démènent pour chercher des « amis ».Mais quels « amis » Au lieu de propager auprès de notre peuple les idées de lutte de libération nationale, ils passent beaucoup de temps auprès des régionalistes et même des départementalistes. Ces discussions rabaissent notre lutte à des querelles politicardes sur de simples différences d’opinion. Toujours la même illusion, celle de pouvoir faire fléchir l’Etat français par de belles paroles ou même de simples menaces. Encore la même ignorance, celle du pou voir d’Etat! On ne sait pas ou on fait semblant de passer sous silence la question du pouvoir d’Etat.

Comment envisage-t-on la question du pouvoir d’Etat dans une Corse autonome?

Nos autonomistes répondent que le peuple corse pourra accéder au pouvoir politique et diriger ses affaires. Et pourquoi donc ? Où sont passés les colonisateurs et exploiteurs en tout genre ? Et leurs biens ? Ils vont se laisser déposséder comme cela, sans résister...? Et vers qui l’armée française ira-t-elle ? Tout l’appareil militaire et bureaucratique du colonialisme français va-t-il se fondre au premier coup de baguette magique?

Allons : Soyons sérieux et réalistes, comme le disent si souvent nos compatriotes autonomistes!

Dans une Corse autonome, la France garde le pouvoir militaire. Il n’est pas besoin d’être savant pour comprendre que celui qui possède la puissance armée possède le pouvoir. Tout le reste n’est que balivernes

Celui qui détient le pouvoir militaire détient le pouvoir politique.

Voilà la vérité!

Nos autonomistes sont les sapeurs pompiers de la libération de notre peuple. Ils ne cessent de proclamer leur attachement à la République française, de s’accrocher au caractère légal de leur revendication. Ils crient au scandale quand on les soupçonne d’être des séparatistes!

Ils ont toujours besoin d’un brevet de bons français!

Ils finissent, quelle que soit leur bonne volonté, par rendre service au pouvoir. Celui-ci espère les enfermer dans le jeu « démocratique du colonialisme ».  Qui, le jour où la révolte de notre peuple deviendra trop menaçante, ira peut être jusqu’à se servir d’eux

Une lourde responsabilité pour nos autonomistes!

Ils ne comprennent rien au moteur du colonialisme, à sa logique implacable.

Ils ne comprennent pas son mécanisme. Ils tentent de concilier l’inconciliable.

Ils sont impuissants à organiser notre véritable lute de libération.

Ils ne définissent pas clairement les ennemis de notre peuple, l’empêche de les voir bien en face. On n’a jamais pourtant vu un tireur viser une cible dans le flou...

L’autonomie interne, comme seule solution, est donc bel et bien une impasse.

Seule la création d’un Etat corse indépendant pourra libérer notre peuple

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