1975 - Lettre au FPCL (Fronte Paesanu Corsu di Liberazione)

« Nous ne vous demandons pas de déposer les armes mais, au contraire, de  vous armer mieux  encore, avec nous, avec le peuple corse dans une grande organisation de masse révolutionnaire... »

Cette primauté de l’arme idéologique, de l’élévation du niveau de conscience nationale, ni le FPCL avec lequel nous avions un an plus tard créé le FLNC, ni le mouvement national dans son ensemble depuis 40 ans, ne l’ont compris ou, plus exactement n’ont souhaité le faire. La préférence est allé à des directions politiques « élitiste » et a des organisations clandestines ou publiques où le peuple était sensé agir par procuration. La cause de cet échec majeur est dûe tout simplement à l’idéologie de droite voire d’extrême droite dont les leaders successifs étaient imprégnés.

 

 

Lettre ouverte au F.P.C.L.

 

Vous avez récemment revendiqué dos attentats commis à Ajaccio.

Ces attentats, dites-vous, ont pour but de marquer votre opposition à certaines manoeuvres gouvernementales tendant à détruire le mouvement national corse.

Par ailleurs vous dénoncez l’attitude de certains autonomistes à votre égard.

Nous allons vous dire clairement ce que nous pensons en tant que socialistes et patriotes corses, de ces deux propositions,

Tout d’abord les motivations de votre action. Vous luttez contre les tentatives actuelles de liquidation de la lutte nationale corse par le gouvernement français, Entièrement d’accord avec vous. Nous avons déjà fait connaître par communiqué de presse et dans notre journal U MORIJ notre position précise en ce qui concerne les manoeuvres du missionnaire Libert Bou, En ce qui concerne vos moyens d’action nous ne sommes pas d’accord. Cela ne signifie pas que nous soyons contre la violence. Nous sommes mêmes convaincus, et l’histoire est là pour nous le démontrer, que toute libération nationale ou toute révolution sociale ne peuvent se faire que par la force. Mais cotte force doit être celle du peuple tout entier agissant en pleine conscience révolutionnaire. Ne pensez-vous pas que vous mettez la charrue avant les bœufs ? Ne confondez-vous pas révolte et révolution ? Pensez-vous sérieusement que les conditions soient réalisées pour une insurrection armée do notre peuple ? Le P.C.S, ne le croit pas. Cependant nous reconnaîtrons sans hypocrisie que vos actions ont servi dans une certaine mesure à éveiller quelques consciences. Mais sans doute étaient-ce des consciences bien endormies. Et qui ne tarderont guère à retourner à leur sommeil.  Votre action ne saurait suffire à assurer les taches immédiates et prioritaires que nous dicte la lutte nationale corse. Ces taches consistent en un travail toujours plus approfondi d’information et d’organisation massive de notre peuple au sein d’un Parti Corse révolutionnaire capable de conduire la libération nationale et d’assurer en Corse une révolution sociale sans laquelle nous retomberions dans l’ornière de l’impérialisme français.

Ceci nous conduit à votre dénonciation de la stratégie de certains autonomistes. Nous adhérons à vos propos, sur ce point précis. Nous avions d’ailleurs, avant vous, dénoncé les proclamations ostensibles de légalisme, de pacifisme,  d’électoralisme d’un groupe de petits-bourgeois (P.P.C.A ? dont le terrain de lutte  est essentiellement le Bar des Palmiers à Bastia ou celui du Royal à Ajaccio.  Nous pensons nous aussi qu’une telle attitude participe d’une collaboration à peine déguisée avec le gouvernement colonialiste français et qu’à ce titre elle doit être dénoncée avec la plus grande fermeté.

Pour conclure nous vous demanderons fraternellement d’oeuvrer avec nous pour la constitution d’un Parti Révolutionnaire corse capable de faire triompher les légitimes revendications nationales du peuple corse.  En cela nous ne vous demandons pas de déposer les armes mais, au contraire, de  vous armer mieux  encore, avec nous, avec le peuple corse dans grande organisation de masse révolutionnaire. Car notre double but, c’est la libération nationale de la Corse et la révolution sociale.  Aussi, lorsqu parlons, et nous sommes les seuls, du DROIT A L’AUTODETERMINATION DE LA NATION CORSE, nous entendons, dans l’éventualité d’un échec de la revendication autonomiste ou dans celle d’une déviation contre—révolutionnaire d’une autonomie instaurée, la capacité qu’aurait notre peuple solidement organisé, d’imposer ses solutions par les moyens qu’on lui donnera démocratiquement ou par ceux qu’il sera alors en mesure de prendre lui-même.

S A M P I E R U

 

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