1975 - Autonomomie et pouvoir d'Etat

 

Cet édito du N°6 de U MORU, précise les limites de la revendication autonomiste qui en tout état de cause ne peut-être que transitoire. On mesure ici les nuances dialectiques du discours qui fut celui du PCS. Ne pas être « contre » l’autonomie, mais ne pas se leurrer et poursuivre le combat non seulement jusqu’à l’accession à une souveraineté pleine et entière mais aussi jusqu’au socialisme pour réaliser à la fois la libération nationale et la libération sociale.

 

Autonomie et pouvoir d’Etat

 

Quand nous avançons le mot d’ordre d’autodétermination cela signifie exclusivement pour nous le droit de la Corse à disposer d’elle-même, le droit à l’indépendance politique.

Quand nous avançons le mot d’ordre d’autonomie, nous luttons pour une réforme démocratique de la République française, un point c’est tout. Nous considérons cette réforme comme une étape. Et là, il nous faut dénoncer ceux qui ont tendance à obscurcir le problème ou à considérer cete étape comme un but final.

Ainsi les pseudo—socialistes du P.P.C.A. qui limitent la lutte dans le cadre de l’Etat  français et qui mélangent pour leur bonne conscience autonomie et socialisme ! Socialisme à la Mitterrand, socialisme du programme commun. Leur voie électoraliste ne peut mener qu’à la soumission du peuple corse face à l’Etat français dirigé cette fois par une pseudo-gauche (PC-PS) pour une variante de la gestion du capitalisme.

Ainsi l’A.R.C. qui se fixe comme but unique l’autonomie dans le cadre de la République française capitaliste. Ces camarades sont des anti-impérialistes sincères mais ils représentent une classe instable, la petite bourgeoisie. Ils n’ont pas à coeur l’intérêt des couches les plus pauvres et les plus exploitées de notre peuple. Leur position de classe les empêche de pousser l’analyse de l’impérialisme  jusqu’au bout, jusqu’à la dénonciation du système capitaliste,

Ainsi des groupes gauchistes qui nous parlent d’autonomie, d’autogestion, de socialisme révolutionnaire, de libération nationale mais sans jamais préciser les étapes do leur lutte. Il y a là une confusion théorique extrêmement préjudiciable pour la lutte de notre peuple.

Dans tous leurs raisonnements,  P.P.C.A., A.R.C. ou groupes gauchistes oublient un petit rien, un détail : l’ETAT, le POUVOIR CENTRAL lequel reste dans le cadre de l’autonomie, l’Etat capitaliste français. L’autonomie n’abolit pas les privilèges de la nation française, elle n’établit  pas l’égalité complète des droits entre la Corse et la France, elle ne supprime pas toutes les formes d’oppression nationale : L’AUTONOMIE ATTENUE LE MAL MAIS NE LE SUPPRIME  PAS,

Mais alors, pourquoi lutter pour l’autonomie ?

Principalement parce que la Corse autonome concrétisera la Nation corse. Cette Nation aura une assemblée des représentants du peuple élue au suffrage universel. Cette Nation apprendra à organiser et à connaître ses forces, à développer son économie, sa culture...

Mais le pouvoir central, l’Etat français restera l’instrument d’exploitation des plus pauvres, une machine destinée à écraser la résistance de ses adversaires. Il ne permettra pas un développement hostile à ses intérêts d’Etat capitaliste.  Le conflit sera inévitable, qu’il soit concrétisé par une lutte de libération nationale ou par une révolution  socialiste.   Jamais on a vu dans l’histoire les classes dominantes déposer les armes, mettre les moyens de production au service des travailleurs. Toutes les revendications réellement socialistes ne pourront être satisfaites que dans une Corse indépendante dirigée par les ouvriers et les paysans ou dans le cadre d’un ensemble français ayant fait sa révolution socialiste.

Ajouter un commentaire
Code incorrect ! Essayez à nouveau