1975-1976 Union des Travailleurs Corses Exilés - Rapport d'activité

J’ai présenté ce rapport d’activité de la première structure syndicale corse au cours de l’unique Assemblée Générale de l’UTCE qui s’est tenue le 29 juillet 1976, à Corti.

On mesurera en lisant ce texte ce qu’il y avait de prometteur pour le mouvement national. On notera ce point si particulier qui consistait pour les militants à verser 1% de leur salaire pour faire vivre la structure et le journal U RITORNU. En réalité, cet engagement révolutionnaire était celui des initiateurs d’une autre structure qui venait juste de se créer : le Front de Libération Nationale de la Corse. J’étais membre fondateur de la Direction politique du Front et j’animais l’UTCE avec mes camarades du Partitu Corsu per u Sucialisimu (PCS).

Malheureusement des fractions droitières devaient s’emparer du FLNC et, pour ce qui est du financement, devaient transformer l’impôt révolutionnaire (pour les militants du PCS c’était un impôt versé par les révolutionnaires), en racket pur et simple. Ce fut le début d’une dérive qui conduisit quelques années plus tard à la liquidation du FLNC.

Quant aux organisations de masse (UTCE, Cumitati Unione e Salvezza di a Nazione) les mêmes dirigeants issus pour la plupart des milieux étudiants de l’extrême droite française s’empressèrent de les liquider pour mieux asseoir leur pouvoir occulte. On sait à quelles dérives et à quelles tragédies cela a conduit dans le milieu des années 90.

L’expérience de l’UTCE demeure un exemple de ce qu’aurait pu devenir le mouvement national corse et la conclusion de ce rapport d’activité que j’avais eu l’honneur de présenter fait écho à ce que pourrait être dans l’avenir la Cunsulta Naziunale di a Corsica.

UNIONE DI TRAVAGLIADORI CORSI ESILATI – U.T.C.E.

RAPPORT D’ACTIVITE ANNUELLE

Présenté par le secrétaire à la coordination à l’assemblée générale du 29/7/1976

 

Je suis chargé aujourd’hui, en tant que secrétaire à la coordination de vous présenter le rapport d’activité annuel de notre organisation.

En fait, l’UTCE ayant seulement 18 mois d’existence, un tel rapport est le premier du genre. Aussi ai-je pensé qu serait bon de l’introduire par un bref historique qui vous permettra à tous de mieux situer notre mouvement.

Historique de la création de l’UTCE

La création de l’UTCE est due à l’initiative des militants de la section de Paris du Partitu Corsu per u Sucialisimu (PCS). Cette initiative a été prise à la suite des déclarations de Libert Bon selon lesquelles il fallait permettre le Retour des Corses en Corse et la Corsisation des emplois.

La création de l’UTCE visait donc, pour les militants du PCS, à mettre le gouvernement au pied du mur, à l’obliger par une action militante en faveur du Retour à respecter sa propre parole.

Concrètement, comment est née l’UTCE ?

Les militants de Paris du PCS ont, dans un premier temps, regroupés autour d’eux d’autres Corses exilés de toutes tendances philosophiques ou politiques. Ce groupe qui réalisait à la base une union sur le problème du Retour, sans considération partisane, commença par créer “U RITORNU”. Le premier numéro de “U RITORNU” avait la forme d’un bulletin ronéoté. Il contenait l’annonce de la création de l’UTCE, l’appel pour l’implantation de bureaux UTCE et une pétition pour le Retour. L’appel et la pétition connurent un grand succès.

Qu’on en juge : créé en février 1975 à Paris, l’UTCE comptait 3 mois plus tard 20 bureaux en France et dans le monde. Plus de 500 signatures de Corses exilés étaient recueillies sur la pétition. De plus, un certain nombre d’organisations nous apportaient leur soutien. Nous citerons la CFDT le PCS et nos amis de l’ARC qui, par l’intermédiaire du journal ARRITTI, contribuaient très largement à faire connaître notre organisation.

Ainsi donc s’achevait la première phase : celle de la création de 1’UTCE.

L’édification de l’UTCE

Nous étions au début de l’été 1975 et il s’agissait d’entreprendre la deuxième phase ; celle de l’organisation et de l’édification concrète de l’Unione. Pour cela une réunion de délégués de bureaux eut lieu début août 1975. Elle permit de poser les problèmes du moment à savoir:

 - l’orientation générale du mouvement

 - son développement et son implantation

 - la diffusion de “U RITORNU”

Mais cette première réunion qui fut surtout une prise de contact n’apporta aucune  amélioration immédiate. Du point de vue de l’orientation générale cependant, l’UTCE s’affirmait comme partie prenante de la revendication corse et si elle évitait de prendre une position politique en faveur de telle tendance de cette revendication, elle rejetait fermement toute solution de type régionaliste. Ce rejet devait concrètement se traduire le 9 août 1975 lors d’une réunion des Corses exilés dans le cadre de l’Università d’estate. L’UTCE qui reçut l’appui des participants s’opposa fermement aux tendances amicalistes et régionalistes défendues alors par le Président de la Fédération des Corses de Paris et par un groupement régionaliste le MARC (mouvement d’action et de réflexion corses). Cette opposition de l’UTCE au régionalisme et à l’amicalisme était d’autant plus justifiée que par la suite, c’est à dire après Aleria, on a pu constater que le MARC cessait d’exister, certains de ces membres évoluant vers l’autonomisme, tandis que la Fédération des Corses de Paris ne participait pas au Comité de soutien de Paris où I’UTCE joua un grand rôle.

Si je rappelle les positions de l’UTCE lors de cette journée du 9 août 1975, c’pour bien montrer la clarté de ses positions et l’ambiguïté de certaines autres positions qu’Aleria a depuis considérablement améliorées.

 

Les conséquences d’Aleria sur l’édification de l’UTCE

Les évènements d’Aleria interviennent au moment où l’UTCE commence à s’édifier. Dès lors, il est tout à fait compréhensible que ces événements et leurs conséquences, essentiellement au niveau d’une prise de conscience plus large du peuple corse influent tant du point de vu doctrinal qu’organisationnel sur notre Unione.

Du point de vue doctrinal, les événements d’Aleria eurent pour conséquence d’élargir la plateforme de l’UTCE. Le seul point de cette plateforme était le Retour des Corses en Corse. Après Aleria, le bureau exécutif proposait à l’ensemble des militants les quatre points suivants:

1) Retour des travailleurs corses en Corse et Corsisation des emplois

2) Maîtrise par le peuple corse de son propre destin

3) Retrait des forces de répression y compris la Légion

 4) Libération d’Edmond Simeoni et de tous les autres patriotes Corses. Cette plateforme, après avoir reçu l’approbation de la majorité des militants devenait la base doctrinale de l’UTCE. Elle était publiée dans le n°6 de U RITORNU.  Vous pouvez constater que, par rapport au point de départ, il y a là un enrichissement considérable notamment en ce qui concerne le deuxième point. La maîtrise par le peuple corse de son propre destin signifie clairement que l’UTCE estime qu’il n’y a pas de Retour massif possible sans une solution politique de fond. Je me dois, dans ce rapport d’activité de signaler que l’unanimité ne s’est pas toujours faite sur ce point et qu’il a été nécessaire de mener une lutte pour qu’il soit adopté.

Du point de vue organisationnel, Les événements d’Aleria eurent pour conséquence de susciter un besoin d’information et d’encadrement.

Au niveau de l’information, l’UTCE décide donc de rendre mensuel son organe U RITORNU et de l’améliorer tant du point de vue de la forme que du fond. Chacun a pu constater sans doute cette amélioration au cours des mois.

La forme et le format subirent diverses modifications. Quant au fond nous avons réussi à avoir le concours de rédacteurs importants essentiellement en ce qui concerne la langue corse avec Rinatu Coti, Roch Multedo,  Giacumu Thiers et bien d’autres encore. Par ailleurs, U RITORNU ouvrait un certain nombre de débats originaux notamment sur la Nation Corse, tribune permanente, et sur la femme corse ; débat qui permit le démarrage d’un mouvement des femmes corses qui fera sans doute parler de lui dans l’avenir.

Le bilan de U RITORNU qui publia aussi une lettre d’Edmond Simeoni soutenant notre organisation, est donc extrêmement positif pour l’essentiel. Certes il subsiste toujours des zones d’ombre.

Ainsi il serait absolument nécessaire que U RITORNU soit mieux diffusé et qu’il le soit notamment dans les kiosques. Il faut aussi de toute urgence lancer une campagne d’abonnement.

U RITORNU est sans doute une réussite mais il faut dire un mot des efforts militants que cela a demandé. Ainsi du point de vue financier il faut signaler que Ies militants de la section de Paris ont toujours versé 1% de leur salaire chaque mois pour que U RITORNU puisse paraître.

Du point de vue rédactionnel,  du point de vue de la dactylographie et de la maquette, il faut signaler que ce sont les militants de la section de Paris qui ont fait tout ce travail particulièrement prenant.

Au niveau de l’encadrement, les militants de la section de Paris ont pris un certain nombre de mesures de façon à permettre un meilleur fonctionnement. Après Aleria, en effet, on a assisté à un certain élan, à un besoin de s’organiser pour mieux lutter. Aleria a donc accéléré le processus d’organisation de l’UTCE comme sans doute des autres mouvements patriotiques corses. Ainsi avons-nous décidé de nous organiser en Bureau Exécutif au sein duquel des responsabilités précises étaient définies. Ce bureau exécutif n’a rien de statutaire en ce sans qu’il aurait normalement dû être désigné par l’Assemblée générale. Mais comme il n’y avait encore jamais eu d’AG, il fallait bien répondre aux nécessitée de la direction de l’organisation et ce jusqu’à cette Assemblée Générale qui, nous réunit aujourd’hui pour la première fois. Pour un meilleur fonctionnement de l’lJTCE nous avons aussi défini un calendrier précis.  Chaque semaine nous nous réunissions soit en secrétariat, soit en Comité de rédaction de U RITORNU, soit en assemblée générale de section,  soit en réunion du Bureau exécutif, soit en atelier d’expédition de U RITORNU, cette dernière activité pratique et manuelle représentant un travail assez important et laborieux.

 

Activités de l’UTCE en 1975-1976

Ces activités se situent à plusieurs niveaux:

- Information, sensibilisation, popularisation de l’idée du Retour

- Interventions publiques de l’UTCE

- Action au sein du comité de soutien de Paris.

- Développement de l’organisation.

- Actions diverses.

1) L’information, la sensibilisation et la popularisation de l’idée du Retour se sont faites essentiellement à travers la diffusion de notre journal U RITORNU. Ainsi plusieurs ventes militantes ont été faites et notamment à l’occasion de diverses manifestations de masses à Paris.

2) Publiquement, par la prise de parole l’UTCE est intervenue lors d’une réunion qu’elle a organisée à l’OFFICE Corse de Paris, et lors des 12 heures pour la Corse à la Mutualité en Mai 76.

3) L’action au sein du Comité de soutien de Paris a été sana contexte la principale activité de l’UTCE cette année où il s’agissait avant tout de défendre nos patriotes emprisonnés. Cette action de l’UTCE au sein du Comité de soutien de Paris a été remarquable. Elle a contribué à donner une bonne image de notre organisation parmi les milieux exilés de Paris. Le travail effectué par l’UTCE pour la défense des emprisonnés a été considérable: il n’est pas exagéré de dire que le représentant de l’UTCE au Comité de soutien en était devenu l’âme tant il y déployait une activité hors du commun, assisté de l’ensemble de ses camarades. Ainsi, 1’UTCE a participé de manière militante à toutes les grandes manifestations du Comité de soutien de Paris:

- à la première réunion de la Mutualité, fin 1975, qui réunit plus de 4000 Corses;

- à la Veghja corsa, qui réunit environ 2000 Corses;

- à la manifestation, dans les rues de Paris, qui rassembla 1500 de nos compatriotes et où notre organisation était présente avec sa banderole et ses mots d’ordre;

- enfin, l’UTCE contribua et intervint aux douze heures pour la Corse organisées à la Mutualité, le 15 mai 1976, à la veille de l(ouverture du procès d’Aléria. Il est quasiment impossible de citer les dizaines de démarches effectuées par les militants de l’UTCE pour la défense de nos compatriotes. Qu’on retienne seulement que les visites rendues aux différents prisonniers nous ont valu, de leur part, des lettres de remerciement parues dans U RITORNU (Edmond Simeoni, Serge Cacciari, Jean-Marie Bruschini, etc.).

Du point de vue doctrinal, c’est l’UTCE qui a permis d’élever le débat à un niveau plus politique en proposant au Comité de soutien sa plateforme en quatre points Cette plateforme, qui mettait l’accent, par- delà le problème immédiat de la répression, sur l’aspect politique plus global du problème corse, a été largement prouvée par le Comité de soutien de Paris. On peut d’ailleurs constater aujourd’hui que l’exigence de l’UTCE à savoir élargir les aspects uniquement anti-répressifs à des aspects politiques, était fondée puisque, après les condamnations qui ont frappé nos compatriotes, les Comités de soutiens de Corse réclament, eux aussi, des initiatives plus politiques. L’UTCE avait donc vu plus loin et plus juste que ce courant trop optimiste qui s’était développé au sein des Comités de soutien et qui croyait et laissait croire à une possible indulgence.

Du double point de vue de l’action militante pratique et de la justesse de son analyse générale de la situation politique, on peut affirmer que l’UTCE a véritablement constitué une avant-garde.

4) Développement de l’organisation : Démarrant avec une poignée de militants voici 18 mois, l’UTCE s’est considérablement étoffée en 1975-1976. Dans le contexte corse on peut considérer qu’il s’agit déjà d’une organisation importante.

Le recrutement a donc été positif mais encore insuffisant. Au niveau des structures deux réalisations très positives:

- organisation très sérieuse des militants de Paris, comme noua l’avons expliqué plus haut;

- création d’une forte section à Marseille.

Nous voici donc solidement implantés dans les deux principaux centres de l’émigration corse. A nous de nous y développer. Ailleurs, il doit être plus difficile de s’organiser. Il appartiendra aux responsables locaux de s’y employer dans la mesure du possible.

5) Actions diverses : Publication d’une liste de 60 enseignants désireux de rentrer en Corse. Liste identique pour des ouvriers spécialisés et qualifiés, et pour des techniciens. Début de constitution d’un dossier collectif des enseignants corses exilés.

- Participation à des manifestations contre la répression, notamment à la marche sur le Fort de l’Est.

- Participation au 1er mai. L’UTCE, regroupant plus de 100 travailleurs corses exilés a défilé sous sa banderole et avec ses mots d’ordre dans le grand cortège des travailleurs.

Elle a obtenu, ce jour-là, un grand succès. De nombreux applaudissements à son passage et de nombreux encouragements à poursuivre notre lutte. Ce 1er mai 1976 nous a permis de mesurer la sympathie d’une frange importante de la population française à l’égard de nos revendications, cette frange se situant dans le milieu des travailleurs.

Voici de manière très succincte ce que furent les activités de notre organisation de cette année de lutte où, il faut bien le remarquer, la totalité des efforts des organisations corses était concentrée sur la lutte coutre la répression. Cette remarque, je ne la fais pas pour excuser notre absence d’activités à d’autres niveaux plus spécifiques à notre organisation, mais parce qu’il est nécessaire de bien comprendre que ce fut une attitude générale de tout le mouvement corse. En nous contraignant à la défensive, à la seule lutte contre la répression, le pouvoir a sans doute voulu en profit pour renforcer ses positions à d’autres niveaux, comme, par exemple, celui de l’Université, où il a fait preuve d’un autoritarisme sans précédent. Le mouvement corse, négligeant un peu les aspects politiques et revendicatifs plus traditionnels, a peut être commis une erreur et a laissé le pouvoir occuper toute le place. Aussi, est-il sans doute temps, à présent que les plus optimistes sont convaincus de la dureté et du caractère implacable de l’Etat français, de reprendre de manière plus radicale la Iutte à tous les niveaux et, en ce qui nous concerne, à ceux qui touchent notre organisation Je ne terminerai pas ce rapport d’activité sans vous faire part de deux observations d’une réflexion, d’un principe et d’un voeu que je souhaite vous faire partager. La première observation tient à la nature de l’UTCE. Nous, qui sommes tous réunis ici aujourd’hui, nous provenons des horizons les plus divers. Politiquement, il y a au sein de l’UTCE toutes les tendances de la revendication corse: des autonomistes, des autonomistes socialistes, des indépendantistes, des nationalistes, des communistes corses, etc. Certains sont organisés, d’autres ne le sont pas. Si nous nous penchons sur notre propre assemblée, nous pouvons dire sans exagération qu’elle est un échantillon vivant de notre peuple en lutte et qu”elle est l’échantillon le plus juste puisqu’elle a de notre peuple toutes les tendances et toutes les contradictions.

La seconde observation tient à la nature de la revendication corse. Par expérience nous savons que les diverses composantes de cette revendication, et donc de notre peuple,  ont tendance à se heurter. Par exemple, il n’a pratiquement jamais été possible d’établir un programme commun entre tous les autonomistes. Bref, l’image de la revendication corse n’est pas toujours très unitaire et il n’est pas de patriote sincère qui ne le regrette.

La réflexion que je voudrais vous faire partager est la suivante : il se trouve qu’avec l’UTCE nous voilà tous réunis. Ce que n’ont pu réaliser les divers mouvements, nous le réalisons entre nous aujourd’hui. Nous avons conscience de nos diverses tendances, de nos oppositions, voire de nos contradictions, mais nous sommes quand même là parce qu’une conviction profonde nous réunit : la survie de notre peuple, qui dépend, pour une très large part, du retour en Corse des exilés. Alors, quelles que soient nos dissensions et parce qu’il s’agit d’abord de notre peuple, nous avons une obligation, celle de nous mettre d’accord par delà tous les problèmes de tendances, tous les problèmes partisans.

De cette réflexion, découle le principe que j’évoquais plus haut. Ce principe est le suivant: chacun, dans cette assemblée générale a le droit de livrer une lutte d’idée pour faire prévaloir son point de vue. Mais cette lutte ne doit jamais se départir de l’esprit de fraternité et, quelle que soit son issue, que tel ou tel point de vue triomphe, personne ne doit avoir le sentiment d’être vainqueur ou vaincu. Le seul gagnant dans l’affaire doit être le peuple corse et rien ne peut lui assurer de plus grande victoire dans l’avenir qu’une claire unité et un esprit de fraternité dans le présent.

Je terminerai donc sur ce voeu: que l’Assemblée générale de l’Unione di i Travagliadori Corsi Esilati soit menée à bien dans la compréhension mutuelle de ceux qui la composent et avec le seul souci de l’Unité et de la solidarité corses !

 

Jean-Pierre Santini

 

 

 

 

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