NIMU par Eva Mattei

NIMU

 

Nimu est une histoire sombre qui donne à voir, en filigrane, une Corse à la dérive mais à laquelle, pour une fois, l’auteur ménage quelque avenir, au travers de l’amour.

Qui a tué le curé du village? Qui pouvait en vouloir à cet homme de bien? Quel mystère porte en lui ce clandestin prêt à tout pour intégrer les hautes sphères de cette armée cagoulée qui fait régner l’ordre jusqu’à l’assassinat? Quel lien avec ce désastre digne de l’Apocalypse qui a ravagé cette région du Cap-Corse ? Et quel avenir pour ce couple qui s’en fonce petit à petit dans le délire d’une folie ordinaire, dans un monde où tout sens demeure à reconstruire?” Autant d’interrogations entrecroisées qui font de Nimu, un ouvrage complexe, imbriquant plusieurs niveaux de lecture, et empruntant les voies du récit métaphorique.

C’est un faux polar, explique Jean- Pierre Santini. Il s’agit moins d’une enquête que d’une quête.” Quête de l’amour et quête et de la clarté au coeur d’un roman noir.

Dans Nimu, ce “quelqu’un qui cherche quelque chose”, selon les mots de l’écrivain, c’est avant tout le protagoniste d’une histoire qui met en abîme la société corse et quelques unes de ses figures les plus archaïques : les clandestins politiques, les pénitents, les mafieux, trois figures masquées qui s’articulent entre elles sur un axe commun, celui de la recherche identitaire, de la difficulté de trouver son identité à travers les masques.

Mais sous l’aspect critique de l’oeuvre, il est aussi une place pour une forme d’espérance (une nouveauté dans le parcours d’écriture de Jean- Pierre Santini), un autre horizon qui laisse espérer une Corse plus heureuse. Une façon, comme le dit Jean-Pierre Santini lui-même et pour reprendre le titre d’un de ses ouvrages, de passer de l’ombre à la lumière, avec au bout de la quête, la rencontre avec l’autre.

Eva Mattei

L’Informateur corse – Septembre 2006

Commentaires (1)

1. ElvaRxn 26/12/2017

апрапрапр

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