Isula blues par Flicorse (Jean-Paul Ceccaldi)

Isula Blues par Flicorse (Jean-Paul Ceccaldi)

Dans Isula Blues (2005), Jean-Pierre Santini décrit la Corse profonde : un village perdu où les solitudes se côtoient, s’évitent et parfois s’épient. Sorties du village, des âmes maquisardes errent sur les sentiers de terre et de rocaille où l’on perçoit le drame sourdre. La mort rode et cherche sa proie... Un père et son fils, un commissaire fasciste à la retraite, une femme aussi belle que libre, un amoureux plus âgé qui n’ose pas se déclarer... Chacun a ses t ses f ses névroses dans une Corse désertifiée où le temps épuise la vie et pousse à la mélancolie. Des vies se prennent dans la toile d’araignée que constitue ce récit construit sans espoir et de main de maître (du destin). Le ludi magister vous réserve une fin à la fois tragique et belle : un amour posthume donc éternel.

Extraits

«Cette île est un pays sans retour. Restent les chemins de terre où les pas se font rares et des maisons qui ferment les unes après les autres. Alors, les regards se tournent vers l’intérieur ».

«Dominique craint parfois que la vie de son fils ne soit à l’image de la sienne. C ‘est que le pays est fermé. Mais ceux qui prennent le risque de l’évasion n’y reviennent jamais intact, ils continuent de voyager. Dans l’absence. Comme des touristes que la lumière dissipe aux marches de l’été. Ceux qui restent s ‘exercent à la mélancolie sans jamais s’émouvoir de leur sort. Quand on est d’ici l’orgueil commande. On apprend à vivre seul, à exister seul, à se battre seul, à ne jamais aimer s ‘il le faut puisqu’il n’y a plus personne.»

 

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